Janvier 2012

dimanche 1er janvier 2012
par Chtou

L’année du Dragon


Les actualités de ce premier mois 2012 ont un enjeu tout particulier...
Elles tentent un changement, après sept fidèles années d’un texte par mois, agrémenté de photos, hyperliens et vidéos !
Je vais les particulariser un peu, les subjectiver.

Cela faisait un bon moment que me trainait dans la tête cette idée de newsletter.
Mais bien souvent les newsletter manquent désespérément de liberté de ton, comme leur triste nom l’indique...
Elles ont un côté com, elles s’anglicisent pour masquer leur véritable fonction, proche du spam, et ont une propension à être à mon goût assez dénuées d’intérêt.
Pour tenter d’échapper à cet écueil et dans l’envie de permettre tout de même à qui en exprime réellement le souhait de nous suivre, pourquoi ne pas utiliser simplement un hyperlien vers ces billets d’actualité remodelés ?

Bille en tête, me voici postant sur la liste rue, compilant les carnets d’adresses des copains, et lançant un mailing assez large.
Son résultat est franchement angoissant.
Ces lignes vont être lues par des dizaines de producteurs de spectacles, de programmateurs de communauté de communes, de festivals ruraux, d’aménageurs de granges, de services culturels inconnus, de copains de tous horizons, des compagnies de chapiteau, écoles de cirque, prof de théâtre, collectifs de musiciens, de plasticiens, groupes de rock, j’en passe tant la diversité est impressionnante.
Parmi eux de grands noms des arts de la rue, en ayant écrit l’histoire, ou d’autres noms moins connus mais aussi grands à nos yeux, ayant écrit la nôtre.

L’angoisse cède à l’honneur, Peuple des Arts, de susciter votre intérêt !

Afin de vous rendre ces billets agréables, je les réorganiserai donc en rubriques :

La route
pour revenir sur le mois écoulé
Le poing
pour râler un peu quand même
Le chapeau
pour féliciter ceux qui le méritent
La phrase
pour avoir de la conversation
La vidéo
pour nous quitter à la croisée des chemins

N’oubliez pas, la règle est simple : envoyez "STOP" sans autre justification ou "OK" à chtou@laposte pour cesser ou reprendre votre abonnement !

Vos commentaires sont également bienvenus à cette même adresse. Je vais voir s’ils ne peuvent pas plus tard apparaître en bas de page avec mon frangin, que d’ici je salue fraternellement, et qui est le webmaster de la compagnie.

Une compagnie que vous allez peut être découvrir un peu plus intimement.

Une compagnie simple, amicale, sans autre prétention que de souffler de toute sa force sur les braises du feu suprême :
celui qui brûle au fond des yeux.


La route


Les deux premières dates sont des Beauté du Monde, à Nantes. Contexte périlleux... pour vous dire, nous avions une option pour aller jouer à Tahiti, qui se confirmerait si le programmateur pouvait nous voir (je salue bien bas les deux excellents clowns d’Okidok à qui nous devons ce conseil en programmation, soyez bénis).
Hé bien nous avons préféré remettre ce plan à plus tard et attendre une occasion idéale pour présenter le spectacle plutôt que d’inviter ce programmateur au Cabanier, où nous devions jouer.
Parce que voilà, il s’agit d’un tout petit théâtre autoconstruit par un couple aussi convivial qu’allumé, un théâtre de 40 places. JPEG - 12.7 ko
Et si c’est tout à fait jouable de jouer dans ces conditions (surtout qu’en la matière le théâtre est un petit écrin magnifique, original et techniquement complet), j’ai toujours préféré jouer devant un bon minimum de 200 personnes, ce qui vous assure un niveau de contagion viral des rires bien supérieur !
Une date à la billetterie, cela nous est assez rare pour le préciser, archi complet les deux jours. C’était la deuxième difficulté : on a plein d’amis à Nantes, et jouer devant les amis, c’est toujours assez terrifiant.
Quels que fussent les raisons de trembler (incroyable, ce trac, qui va et vient sans prévenir), le spectacle s’est bien passé dans ce contexte chaleureux, je ne saurais trop vous conseiller d’y aller. L’accueil est simple, authentique, et quand vous vous promenez le long de la Loire avec les programmateurs et leurs enfants en discutant de la vie, de l’eau, des projets et de beaux rêves, c’est que vous êtes à votre place. Une vraie date de rue en salle. JPEG - 85.2 ko

Les 14 et 17, nous avons fait nos plans d’hiver : le théâtre miroir.
Je réexplique rapidos : Row mon ami et collègue comédien rencontre des professionnels, issus quasi toujours du milieu socio-culturel. Ils élaborent des scénettes mettant en exergue des problématiques. Il y a ensuite soirée, et nous alternons des scénettes sur-mesure avec les interventions de Véronique Gendry, une copine psychologue, qui mène les débats.
Nous avons ainsi travaillé sur des thèmes tels les parents et le handicap avec la CPAM, les conduites à risques chez les adolescents dans un quartier, les relations bénévoles professionnels avec la CAF, les relations aidant/aidé avec l’ADMR... bref, une myriade de problématiques bien éloignées de notre petit milieu du spectacle et de ses enjeux étoilés.
Nous jouons vrai pour ces scénettes, ça crie, ça s’engueule, ça soulève de très graves problèmes (je vous assure que 400 parents de handicapés qui se voient se crêper le chignon en couple ça pèse lourd sur l’air), et bien sur ça rigole, ça se lache, ça explose de rire. C’est du théâtre qui fait du bien aux gens, on adore ça. Et sans en avoir jamais fait aucune promotion, par le simple succès de la formule (la parole circule à fond entre deux scénettes), nous faisons une bonne dizaine de dates comme cela tous les ans. JPEG - 293.8 ko
Ainsi, le 14, nous étions à l’EFA pour jouer autours de l’adoption (chaud de voir des parents revivre le grand oral, les problèmes de racisme et autre), et le 17 à la Maison de l’Emploi à Rennes pour travailler sur l’aide à la personne (bien aussi quand on y mêle la sexualité, le syndrome amoureux...).

Du 18 au 25/01, j’ai fait une retraite. Le pied. Je suis parti dans un gîte tout petit en Nord Finistère, à Plouguerneau, avec mes guitares, mon clavier et mon ordi, m’enfermer, tout seul, pendant 8 jours.
Dehors, le ciel prenait toutes les teintes de gris, un crachin tombait sans discontinuer, et hormis par deux fois les zombies errant dans l’intermarché du village, je n’ai pas croisé un humain.
J’adore la solitude. Passé un temps, je parle tout seul, je ris, je m’emporte de rage ou d’amour soudain, je travaille 16 heures par jour.
Dans ce cadre monastique, j’étais venu me plonger dans de nouvelles compositions pour notre nouveau groupe : Jaguar Orange. JPEG - 96.1 ko
Un an qu’on avance ce projet, cette année il rejoint la prod Qualité Street, et se retrouve aux soins de notre belle et farouche Bélinda.
Un concert de chansons aux couleurs flamme, qui va pour l’instant naviguer en eaux lointaines, en attendant de hisser le pavillon franc ! 8 jours, quatre nouvelles chansons, pas mal. Elles ont été accueillies à bras ouverts par Row, qui tient la guitare, Joyce à la batterie, et Pitpat à la basse. Nous enregistrerons une maquette en Février, vous en entendrez le son ici.

Enfin ce mois s’est achevé par un bon vieux Champions du Bien (14ème saison, oui madame) pour des "Voeux du Maire".
Une drôle d’invention, ça les voeux du maire... en général, un contexte assez pincé, de longs discours protocolaires, une élue à la culture qui joue son va tout en tentant de réanimer l’après midi, et une compagnie de rue qui en a vu d’autres mais qui sent bien qu’on est pas un 24 Aout à Aurillac.
En l’occurrence on était bien un 27 Janvier à Amanlis.
Ambiance bon enfant tout de même, mais pas de quoi grimper aux rideaux de la triste salle des fêtes dressée en cabaret.


Le poing


Quelle horrible obsession, cette configuration cabaret... Mesdames messieurs élus, programmateurs, responsables associatifs qui me lisez, je vous en conjure, arrêtez de nous jucher dans ces situations qui nous éloignent de ceux que l’on veut atteindre !
Les rangées de chaises, qu’on a la paranoïa sécuritaire d’attacher à présent, c’est à vous geler les os, et ça range le public comme un bataillon de troufions, qui fait corps face à nous, perchés sur ces scènes trop hautes.
La configuration cabaret c’est pire encore, car le public forme de petits groupuscules mal installés, placés dans la posture de consommateurs que l’on vient divertir.
Sur un bon vieux gradin de bois, à touche touche, on retrouve une vraie assemblée, populaire, gaillarde, complice. Et le demi-cercle est la figure la plus accueillante, elle ouvre les bras aux artistes qui jouent au sol, elle les entoure, elle les enlace.
Le demi-cercle gradiné est la situation optimale de réceptivité conviviale du spectateur, comprenez le !


Le chapeau


Bravo à la ferme des Pratos, et à ses popotins. Une très belle initiative culturelle, qui anime la campagne au nord de Rennes, dans un esprit d’accueil et de convivialité tellement "rue". Les spectateurs y sont choyés, les artistes également, l’équipe est dynamique et souriante, le boulot est professionnel, un lieu à contacter, pour tous ceux qui se plaignent toujours de ne pas venir en Bretagne ! JPEG - 68.2 ko


La phrase


Elle m’est revenue subitement, je la tiens de Bernard Colin, qui ne manque certes pas de conversation :

J’ai connu une très vieille chenille. Elle disait toujours "Ces histoires de papillon, cela n’arrive jamais..."


La vidéo


Merci de votre attention, bon vent !
Vous trouverez, en guise de voeux et si vous le souhaitez, un petit montage sans prétention du (trop) peu de matière récolté en cours de tournée 2011, à la fin des actualités du mois de décembre dernier. Une courte rétrospective avant d’attaquer 2012, les roues fumantes et les chapeaux en l’air !

Quand à la vidéo du mois, ce discours de Tommy Douglas en 1944 est de circonstance en cette période pré-électorale...


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